Tripeptide correspondant au fragment C-terminal de l'α-MSH, étudié dans les modèles in vitro de régulation inflammatoire et de fonction épithéliale. Flacon de 10 mg, poudre lyophilisée, pureté ≥ 99 % HPLC vérifiée par analyse tierce. Destiné exclusivement à la recherche.
Domaines de recherche étudiés
- Modèles inflammatoires in vitro
- Signalisation mélanocortine
- Barrière épithéliale (modèles)
Données techniques
| Champ | Valeur |
|---|---|
| Nom | KPV |
| Dosage | 10 mg |
| Séquence / composition | Lys-Pro-Val (fragment C-terminal de l'α-MSH) |
| Poids moléculaire | ≈ 342,4 Da |
| N° CAS | 67727-97-3 |
| Cible / mécanisme | Voies anti-inflammatoires (mélanocortine) |
| Forme | Poudre lyophilisée (sauf mention contraire) |
| Pureté | ≥ 99 % (HPLC) — voir COA du lot |
KPV ou α-MSH : pourquoi le tripeptide seul est étudié
L'α-MSH (hormone mélanotrope alpha) est un peptide de 13 acides aminés issu du clivage de la pro-opiomélanocortine. Ses trois derniers résidus C-terminaux — lysine, proline, valine — forment le KPV. Le nom du produit est littéralement la séquence : K pour Lys, P pour Pro, V pour Val.
La confusion que le marché entretient tient à cette filiation : un fragment d'hormone est spontanément présenté comme « une version de l'hormone », donc supposé en reproduire les effets. Ce n'est pas ce que décrit la littérature. L'α-MSH entière se lie avec une forte affinité aux récepteurs mélanocortines MC1R à MC5R, impliqués notamment dans la pigmentation et la régulation de l'appétit. Le tripeptide, lui, n'est pas décrit comme reproduisant cette liaison : les travaux publiés le présentent comme conservant le versant anti-inflammatoire de la séquence parente tout en s'affranchissant des effets pigmentaires et métaboliques de l'hormone complète. C'est cette dissociation qui explique l'intérêt du fragment.
Le critère qui tranche est vérifiable sur un COA, et il est purement massique :
| KPV | α-MSH | |
| Longueur | 3 acides aminés | 13 acides aminés |
| Masse moléculaire | ≈ 342,4 Da | ≈ 1 665 Da |
| Liaison MC1R-MC5R de haute affinité | non décrite | décrite |
Un flacon vendu comme « KPV » dont le rapport de spectrométrie de masse afficherait un pic voisin de 1 665 Da, ou dont la séquence compterait treize résidus, ne contient pas le tripeptide. Corollaire utile : le KPV n'appartient pas à la famille des composés étudiés pour la pigmentation cutanée. Le confondre avec un analogue mélanotrope est l'erreur d'identification la plus fréquente sur cette référence.
Mécanisme d'action étudié
Les travaux mécanistiques convergent vers une action intracellulaire sur les grandes voies de signalisation de l'inflammation.
Le KPV est étudié comme inhibiteur de la voie NF-κB, facteur de transcription qui orchestre l'expression de nombreux gènes pro-inflammatoires. Les données disponibles suggèrent une interférence en amont, au niveau de l'activation de l'IκB kinase, avec une réduction de la translocation nucléaire de NF-κB observée dans certains modèles cellulaires. En parallèle, plusieurs études décrivent une modulation des voies MAPK (mitogen-activated protein kinases) et une diminution des espèces réactives de l'oxygène — avec, in vitro, une baisse de production de TNF-α, IL-1β et IL-6.
Un troisième volet concerne le transport. Dans l'épithélium intestinal, le KPV est décrit comme pris en charge par PepT1, transporteur de di- et tripeptides. Cette voie d'entrée est au cœur des travaux consacrés à l'inflammation intestinale, et elle découle directement de la taille du composé : PepT1 ne transporte pas les peptides longs.
Ce que montre la littérature
Deux publications servent de socle. Dalmasso et collaborateurs (Gastroenterology, 2008) ont décrit une captation du KPV médiée par PepT1, associée à une réduction de l'inflammation intestinale dans des modèles combinant cellules épithéliales et immunitaires en culture et modèles animaux. Kannengiesser et collaborateurs (Inflammatory Bowel Diseases, 2008) ont rapporté un potentiel anti-inflammatoire du tripeptide dans des modèles murins de maladie inflammatoire de l'intestin.
Trois axes structurent le reste du corpus : l'inflammation intestinale, la plus documentée ; la peau, avec des modèles de ré-épithélialisation et de migration des kératinocytes ; et l'inflammation générale, avec quelques pistes exploratoires de neuroprotection et d'activité antimicrobienne.
Ce que la littérature ne montre pas doit être dit aussi clairement. Il s'agit d'études précliniques, sur cultures cellulaires et rongeurs : aucun essai clinique humain établi ne valide une efficacité thérapeutique, et la transposabilité à l'humain n'est pas démontrée. La biodisponibilité, la stabilité et la pharmacocinétique du tripeptide restent partiellement caractérisées ; la taille des échantillons, l'hétérogénéité des modèles et l'absence de standardisation compliquent toute généralisation ; le profil de sécurité chez l'humain n'est pas documenté dans un cadre réglementaire.
Reconstitution : un exemple chiffré
Le flacon contient 10 mg. La reconstitution se fait à l'eau bactériostatique, qui contient de l'alcool benzylique et autorise donc les prélèvements multiples. Le KPV lyophilisé est décrit comme fortement hydrosoluble : la mise en solution est rapide.
Avec 2 mL d'eau bactériostatique dans un flacon de 10 mg :
- concentration obtenue : 10 mg ÷ 2 mL = 5 mg/mL, soit 5 000 mcg/mL ;
- sur une seringue U-100, 1 mL correspond à 100 UI, donc 10 UI = 0,1 mL = 500 mcg ;
- le flacon fournit 20 prélèvements de 10 UI.
Le point qui piège le plus souvent : le volume d'eau ne change jamais la quantité de peptide dans le flacon. Reconstituer avec 1 mL au lieu de 2 mL donne 10 mg/mL au lieu de 5 mg/mL — la même masse totale, dans un volume deux fois plus petit. Seul le volume à prélever change, et il est divisé par deux.
Pour vérifier un autre volume ou une autre capacité de seringue, notre calculateur de reconstitution fait le calcul en direct et affiche la graduation à prélever.
Gestes à respecter : ajouter le solvant lentement le long de la paroi du flacon, laisser couler, puis rotation douce. Ni agitation vigoureuse, ni vortex — le cisaillement dénature les peptides.
Conservation
La poudre lyophilisée se conserve à -20 °C ou moins, à l'abri de la lumière et de l'humidité. Non ouvert et conservé ainsi, le lyophilisat est stable sur plusieurs années.
Après reconstitution, stockage à 2–8 °C, à l'abri de la lumière : la durée de référence est de 28 jours. Pour une conservation plus longue, l'aliquotage en fractions congelées est préférable à des cycles de congélation-décongélation répétés sur le flacon principal.
Erreurs fréquentes en laboratoire
- Attendre du KPV les effets de l'α-MSH. Le fragment n'est pas décrit comme se liant avec une forte affinité aux récepteurs mélanocortines : ni pigmentation, ni action sur l'appétit dans les modèles publiés.
- Traiter les concentrations des publications comme une posologie. Les valeurs micromolaires en culture et les doses rapportées chez le rongeur sont propres à chaque protocole préclinique et ne se transposent pas.
- Utiliser de l'eau stérile pour un flacon destiné à des prélèvements multiples. Sans conservateur, la solution n'est plus protégée dès que le bouchon est percé plusieurs fois.
- Vortexer le flacon. L'agitation vigoureuse dénature les peptides. La rotation douce suffit.
- Recongeler la solution reconstituée à répétition. Chaque cycle dégrade une fraction du tripeptide. Aliquoter dès la reconstitution.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le KPV et l'α-MSH ?
Le KPV correspond aux trois derniers acides aminés C-terminaux de l'α-MSH, un peptide de 13 résidus. La masse les sépare nettement : environ 342,4 Da pour le tripeptide contre environ 1 665 Da pour l'hormone entière. La littérature décrit le fragment comme conservant le versant anti-inflammatoire de la séquence parente sans reproduire la liaison de haute affinité aux récepteurs mélanocortines.
Le KPV modifie-t-il la pigmentation ?
Ce n'est pas ce que décrivent les travaux publiés. L'action pigmentaire de l'α-MSH passe par une liaison de haute affinité au récepteur MC1R, que le tripeptide n'est pas décrit comme reproduisant. C'est précisément cette dissociation qui motive l'étude du fragment seul.
Quel mécanisme la littérature décrit-elle ?
Une inhibition de la voie NF-κB, avec une interférence en amont au niveau de l'activation de l'IκB kinase, une modulation des voies MAPK et une diminution des espèces réactives de l'oxygène. In vitro, ces effets s'accompagnent d'une baisse de production de TNF-α, d'IL-1β et d'IL-6.
Qu'est-ce que le transporteur PepT1 ?
Un transporteur de di- et tripeptides exprimé notamment par l'épithélium intestinal. Le KPV est décrit comme pris en charge par ce transporteur, ce qui expliquerait son internalisation par les cellules épithéliales et immunitaires du tube digestif. Cette voie d'entrée est directement liée à la taille du composé : PepT1 ne transporte pas les peptides longs.
Existe-t-il des essais cliniques humains sur le KPV ?
Non. Les données disponibles sont précliniques : cultures cellulaires et modèles rongeurs. Aucun essai clinique humain établi ne valide une efficacité thérapeutique, et la transposabilité à l'humain n'est pas démontrée.
Avec quoi reconstituer ce peptide ?
À l'eau bactériostatique, qui contient de l'alcool benzylique et permet les prélèvements multiples. L'eau stérile simple ne convient pas dès lors que le flacon est percé plus d'une fois. La poudre est décrite comme fortement hydrosoluble.
Quelle concentration obtient-on avec 2 mL d'eau bactériostatique ?
5 mg/mL, soit 5 000 mcg/mL. Sur une seringue U-100, 10 UI correspondent alors à 0,1 mL et à 500 mcg, ce qui donne 20 prélèvements par flacon.
Combien de temps se conserve la solution reconstituée ?
28 jours à 2–8 °C, à l'abri de la lumière — c'est la durée de référence retenue pour une fiole reconstituée. Au-delà, l'aliquotage congelé est préférable aux cycles de congélation-décongélation répétés.
La pureté est-elle vérifiée par un certificat d'analyse ?
Oui. Chaque lot est contrôlé par HPLC avec une pureté ≥ 99 % et fait l'objet d'un COA d'analyse tierce, consultable pour le lot livré.
Dans quel cadre ce produit peut-il être utilisé ?
Exclusivement pour la recherche en laboratoire et in vitro. Il n'est destiné ni à la consommation humaine ou animale, ni à un usage diagnostique ou thérapeutique.
NEXUS Quality Standard
Chaque composé de recherche NEXUS est produit sous des procédures de contrôle qualité strictes. Chaque lot est soumis à des tests analytiques indépendants pour vérifier : identité du composé, précision de la teneur, pureté, sécurité microbiologique, niveaux d'endotoxines, dépistage des métaux lourds et traçabilité complète.
Réservé à la recherche en laboratoire. KPV 10mg ne convient pas à la consommation humaine ou animale. Ni médicament, ni aliment, ni cosmétique. À manipuler par du personnel qualifié conformément à la réglementation applicable.