Analogue synthétique stabilisé de la GHRH humaine (1-44), porteur d'un groupement trans-3-hexénoyl en N-terminal qui ralentit sa dégradation enzymatique. Étudié comme outil d'activation sélective du récepteur GHRH-R et pour l'étude de la sécrétion pulsatile de GH sur modèles précliniques. Flacon de 5 mg, poudre lyophilisée, pureté ≥ 99 % HPLC vérifiée par analyse tierce. Réactif destiné exclusivement à la recherche en laboratoire, à l'exclusion de tout usage humain ou vétérinaire.
Domaines de recherche étudiés
- Signalisation GHRH-R stabilisée
- Axe GH / IGF-1 (modèles)
- Métabolisme lipidique (modèles)
Données techniques
| Champ | Valeur |
|---|---|
| Nom | Tésamoréline |
| Dosage | 5 mg |
| Séquence | Analogue de la GHRH humaine (1-44), N-terminal trans-3-hexénoyl |
| Poids moléculaire | ≈ 5 135,9 Da |
| N° CAS | 218949-48-5 |
| Cible / mécanisme | Récepteur de la GHRH (GHRH-R) |
| Forme | Poudre lyophilisée (sauf mention contraire) |
| Pureté | ≥ 99 % (HPLC) — voir COA du lot |
Ce que change le trans-3-hexénoyl face aux autres analogues GHRH
Ces composés visent tous le même récepteur, ce qui ne les rend pas interchangeables. Deux critères vérifiables les séparent : la longueur de la séquence et la méthode de stabilisation.
La GHRH humaine endogène compte 44 acides aminés, mais son activité réside dans le fragment 1-29 : d'où les analogues tronqués, la sermoréline étant la GHRH(1-29) et le CJC-1295 un analogue de la GHRH(1-29) à quatre substitutions. La tésamoréline conserve la séquence 1-44 entière, et la masse tranche immédiatement : ≈ 5 136 Da ici, contre environ 3,4 kDa pour les analogues 1-29.
Second point : la GHRH native est dégradée en quelques minutes par la dipeptidyl-peptidase 4 (DPP-4), qui coupe la liaison entre la tyrosine 1 et l'alanine 2 et libère un fragment 3-44 inactif. Deux stratégies de protection existent :
| Stratégie | Conséquence décrite | |
| CJC-1295 / Mod GRF 1-29 | substitution du résidu 2 par une D-alanine | l'enzyme ne reconnaît plus son substrat |
| CJC-1295 avec DAC | bras réactif se liant à l'albumine | demi-vie de 5,8 à 8,1 jours (Teichman et coll., 2006) |
| Tésamoréline | acylation de la tyrosine 1 par un trans-3-hexénoyl | site de coupure encombré, séquence inchangée |
Le trans-3-hexénoyl est donc un bouclier chimique posé sur le point de coupure, pas un système de rétention circulatoire. C'est la nuance que la comparaison avec le CJC-1295 fait perdre : la tésamoréline résiste bien mieux à la DPP-4 que la GHRH native, mais sa demi-vie plasmatique reste de l'ordre de quelques dizaines de minutes, sans commune mesure avec les plusieurs jours d'un analogue conjugué à l'albumine. En attendre un profil « à DAC » revient à confondre deux mécanismes distincts.
Mécanisme d'action étudié
La cible est le récepteur de la GHRH (GHRH-R), un récepteur couplé aux protéines G de classe B exprimé par les cellules somatotropes de l'antéhypophyse. Sa liaison active la voie Gαs → adénylate cyclase → AMPc → protéine kinase A, avec phosphorylation de CREB, influx calcique et exocytose des granules de GH ; une branche transcriptionnelle via Pit-1 entretient la synthèse de l'hormone.
La conséquence expérimentale tient à la position dans la cascade : un agoniste du GHRH-R agit en amont de l'hypophyse, si bien que la sécrétion déclenchée reste soumise au tonus somatostatinergique et au rétrocontrôle négatif de l'IGF-1, et conserve dans les modèles son caractère pulsatile — contrairement à un apport direct de GH exogène.
Ce que montre la littérature
La tésamoréline a fait l'objet d'un véritable programme d'essais cliniques — mais ces essais portent sur une spécialité pharmaceutique approuvée, distincte du réactif vendu ici. Un essai randomisé publié par Falutz et coll. dans le New England Journal of Medicine en 2007 a évalué ce médicament chez des patients présentant une lipodystrophie associée au VIH, avec une réduction du tissu adipeux viscéral mesurée par imagerie ; il a conduit à une autorisation de mise sur le marché dans cette indication précise.
La distinction n'est pas une formalité : ce médicament est fabriqué et contrôlé selon des exigences pharmaceutiques, pour une population de patients suivie médicalement. Rien de cela ne s'applique au produit de cette page, réactif de laboratoire sans statut de médicament, dont l'usage humain est exclu.
Ce que la littérature ne montre pas :
- Aucun bénéfice persistant après arrêt : dans les essais publiés sur le médicament, l'effet sur le tissu adipeux viscéral régressait à l'interruption de l'administration.
- Aucune donnée hors du cadre clinique encadré, et aucune évaluation du réactif de recherche en tant que tel.
- Une élévation de l'IGF-1 documentée, qui impose une surveillance biologique dans le cadre clinique — mentionnée ici comme limite des données, pas comme paramètre applicable au réactif.
- Les travaux précliniques portent largement sur le rongeur, avec des différences d'espèces sur l'axe somatotrope qui appellent à la prudence.
Reconstitution : un exemple chiffré
Le flacon contient 5 mg. La reconstitution se fait à l'eau bactériostatique, qui contient de l'alcool benzylique et autorise donc les prélèvements multiples.
Avec 2 mL d'eau bactériostatique dans un flacon de 5 mg :
- concentration obtenue : 5 mg ÷ 2 mL = 2,5 mg/mL, soit 2 500 mcg/mL ;
- sur une seringue U-100, 1 mL correspond à 100 UI de graduation, donc 10 UI de graduation = 0,1 mL = 250 mcg ;
- le flacon fournit 20 prélèvements de 10 UI.
Le point qui piège le plus souvent : le volume d'eau ne change jamais la quantité de produit dans le flacon. Reconstituer avec 1 mL au lieu de 2 mL donne 5 mg/mL au lieu de 2,5 mg/mL — la même masse totale, dans un volume deux fois plus petit. Seul le volume à prélever change.
Pour vérifier un autre volume ou une autre capacité de seringue, notre calculateur de reconstitution fait le calcul en direct et affiche la graduation à prélever.
Gestes à respecter : ajouter le solvant lentement le long de la paroi du flacon, laisser couler, puis rotation douce. Ni agitation vigoureuse, ni vortex — le cisaillement dénature les peptides.
Conservation
La poudre lyophilisée se conserve à -20 °C ou moins, à l'abri de la lumière et de l'humidité. Non ouvert et conservé ainsi, le lyophilisat est stable sur plusieurs années.
Après reconstitution, stockage à 2–8 °C, à l'abri de la lumière : la durée de référence est de 28 jours. Pour une conservation plus longue, l'aliquotage en fractions congelées est préférable à des cycles de congélation-décongélation répétés sur le flacon principal.
Erreurs fréquentes en laboratoire
- Traiter tésamoréline, sermoréline et CJC-1295 comme équivalents. Séquence 1-44 contre 1-29, ≈ 5 136 Da contre ≈ 3,4 kDa, acylation contre substitution en position 2.
- Attendre une durée d'action de type DAC. Le trans-3-hexénoyl protège du clivage par la DPP-4 ; il ne crée aucune liaison à l'albumine.
- Transposer au réactif les résultats des essais cliniques. Ces essais portent sur un médicament approuvé, distinct de ce produit : ils ne qualifient en rien le réactif vendu ici.
- Utiliser de l'eau stérile pour un flacon à prélèvements multiples. Sans conservateur, la solution n'est plus protégée dès que le bouchon est percé plusieurs fois.
- Vortexer le flacon ou recongeler la solution à répétition. Le cisaillement dénature le peptide et chaque cycle en dégrade une fraction.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui distingue la tésamoréline de la sermoréline et du CJC-1295 ?
La tésamoréline conserve la séquence complète de la GHRH humaine 1-44, alors que la sermoréline et le CJC-1295 sont des analogues tronqués de la GHRH 1-29. La différence est vérifiable à la masse : environ 5 136 Da contre environ 3,4 kDa. La méthode de stabilisation diffère également.
À quoi sert le groupement trans-3-hexénoyl ?
Il acyle la tyrosine en position 1 et encombre le site où la dipeptidyl-peptidase 4 coupe normalement la GHRH native, entre les résidus 1 et 2. C'est un bouclier chimique posé sur le point de coupure, qui ralentit la dégradation enzymatique sans modifier la séquence de 44 acides aminés.
Quel récepteur est ciblé ?
Le récepteur de la GHRH (GHRH-R), un récepteur couplé aux protéines G de classe B exprimé par les cellules somatotropes de l'antéhypophyse. Son activation passe par la voie Gαs, l'adénylate cyclase, l'AMPc et la protéine kinase A, avec phosphorylation de CREB et influx calcique.
La tésamoréline a-t-elle une durée d'action comparable à un analogue à DAC ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Le trans-3-hexénoyl protège du clivage par la DPP-4 mais ne crée aucune liaison à l'albumine : la demi-vie plasmatique décrite reste de l'ordre de quelques dizaines de minutes, contre 5,8 à 8,1 jours rapportés pour le CJC-1295 avec DAC par Teichman et coll. en 2006.
Existe-t-il des essais cliniques sur la tésamoréline ?
Oui, mais ils portent sur un médicament approuvé, distinct du réactif vendu ici : un essai randomisé publié par Falutz et coll. dans le New England Journal of Medicine en 2007 a évalué cette spécialité chez des patients présentant une lipodystrophie associée au VIH, sous surveillance médicale. Ces résultats ne valident en rien le produit de cette page, qui n'est pas un médicament.
Que ne montre pas la littérature disponible ?
Elle ne montre aucun bénéfice persistant après arrêt — l'effet documenté sur le médicament régressait à l'interruption — ni aucune donnée hors des populations et protocoles cliniques étudiés. Une élévation de l'IGF-1 est par ailleurs documentée, imposant une surveillance biologique dans ce cadre.
Avec quoi reconstituer ce peptide ?
À l'eau bactériostatique, qui contient de l'alcool benzylique et permet les prélèvements multiples. L'eau stérile simple ne convient pas dès lors que le flacon est percé plus d'une fois.
Quelle concentration obtient-on avec 2 mL d'eau bactériostatique ?
2,5 mg/mL, soit 2 500 mcg/mL. Sur une seringue U-100, 10 UI de graduation correspondent alors à 0,1 mL et à 250 mcg, ce qui donne 20 prélèvements par flacon.
Combien de temps se conserve la solution reconstituée ?
28 jours à 2–8 °C, à l'abri de la lumière — c'est la durée de référence retenue pour une fiole reconstituée. Au-delà, l'aliquotage congelé est préférable aux cycles de congélation-décongélation répétés.
Quelle est la pureté annoncée et dans quel cadre le produit peut-il être utilisé ?
La pureté est de ≥ 99 % vérifiée par HPLC, avec un certificat d'analyse tiers par lot mentionnant la masse mesurée. Le produit est réservé à la recherche en laboratoire et in vitro, par du personnel qualifié : ni consommation humaine ou animale, ni usage diagnostique ou thérapeutique.
NEXUS Quality Standard
Chaque composé de recherche NEXUS est produit sous des procédures de contrôle qualité strictes. Chaque lot est soumis à des tests analytiques indépendants pour vérifier : identité du composé, précision de la teneur, pureté, sécurité microbiologique, niveaux d'endotoxines, dépistage des métaux lourds et traçabilité complète.
Réservé à la recherche en laboratoire. Tesamorelin 5mg ne convient pas à la consommation humaine ou animale. Ni médicament, ni aliment, ni cosmétique. À manipuler par du personnel qualifié conformément à la réglementation applicable.